2 juin 2023

Et si vous vous lanciez dans la teinture végétale ?

Teindre ses écheveaux de laine en profitant de la richesse et de la beauté des colorants naturellement présents dans les végétaux ? C’est possible, en plus d’avoir le mérite d’être bon pour la planète ! Suivez le guide.

« Aujourd’hui, de plus en plus de gens se mettent à la teinture végétale, soulignent Hege Dagestad et Kari Hestnes dans le livre « Teindre la laine avec des plantes ». L’une des principales raisons est certainement le plaisir ressenti quand on créé quelque chose soi-même, en contraste avec le délire du shopping ! Et le spectacle magnifique que nous offre la nature, le sentiment inouï quand on voit les belles et harmonieuses couleurs obtenues sur nos laines, n’enlèvent rien à ce bonheur. »

La teinture végétale est une technique ancestrale, qui a sans doute des milliers d’années.

« Avant l’invention des colorants synthétiques, les vêtements teints étaient des symboles visibles de la classe sociale à laquelle on appartenait, et n’importe qui ne pouvait pas se parer de couleurs rares comme le rouge et le bleu. » racontent Hege Dagestad et Kari Hestnes.

Quel matériel pour faire de la teinture végétale ?

Pour se lancer, il faut rassembler :

  • une marmite en acier inoxydable ou émaillée. « L’idéal est une marmite de 10 litres, permettant de teindre plusieurs écheveaux en même temps » précisent Hege Dagestad et Kari Hestnes. Les marmites en cuivre sont également appréciées par les teinturiers.
  • des spatules en bois, lisses
  • un thermomètre
  • une passoire
  • des gants en caoutchouc
  • et… du fil ! Pour ça, nous avons déjà notre petite idée.

Quels types de plantes utiliser pour la teinture ?

Les fleurs bien-sûr (pétales, feuilles, racines) ou encore les champignons. Les plantes tinctoriales possèdent des propriétés spécifiques telles que la tenue au lavage, la résistance à la lumière, sans oublier leur disponibilité suffisante dans la nature.

Céline Philippe, créatrice de Teinture Sauvage, un site internet et une page Instagram consacrés à une production artisanale de couleurs entièrement végétales sur des fibres textiles naturelles et écologiques, partage une multitude d’idées, parmi lesquelles la teinture à l’oignon, dont les pelures donnent de très jolies nuances de jaunes, orangés, prunes ou verts.

Ne vous fiez pas forcément aux couleurs des pétales des fleurs. Une fleur blanche ou rose, comme la bruyère par exemple peut donner un beau jaune orangé.

Quels types de fils peut-on teindre ?

Les colorants se fixent généralement plus facilement sur des fils d’origine animale. Ça tombe bien car Plassard vient de sortir une nouveauté qui devrait vous plaire : NATURE MERINO, un fil composé à 100% de laine issue de moutons merinos français, et entièrement fabriqué en France. Proposé en écheveau de 100 grammes, il est prêt à teindre.

NATURE MERINO, c’est l’opportunité de consommer local, de créer la couleur de votre choix et de vous faire plaisir tout en respectant la planète.

Les amoureuses des écrus naturels peuvent conserver le coloris originel de cette laine sans la teindre. Il leur suffira de laver l’écheveau à la main, en le gardant attaché, avant de le tricoter.

Il est bien sûr possible de teindre des fibres végétales comme le coton, le lin ou encore le chanvre mais l’étape préalable du mordançage, à base d’alun ou sels d’aluminium, est bien souvent nécessaire, avant le bain de teinture, pour fixer les colorants. Difficile alors de parler de teinture naturelle « écologique ». Mais comme le souligne Céline Philippe, des plantes peuvent teindre la fibre sans avoir besoin de mordant : c’est le cas de l’oignon pour le brun rosé ou du curcuma pour le jaune, de l’avocat pour le rose. Des plantes, comme la betterave ou la rhubarbe, peuvent aussi jouer le rôle de mordant.

Seules les matières naturelles se prêtent bien à la teinture avec des végétaux et si vous trouvez des matières prêtes-à-teindre c’est encore mieux car cela certifie qu’elles n’ont subi aucun traitement post fabrication (dégraissage, adoucissant, vaporisation) qui pourrait altérer la teinture. Avec le coton, la soie, le lin ou la laine, la teinture végétale fera des merveilles. Les textiles synthétiques ne sont pas recommandés en raison des traitements appliqués durant la phase de fabrication qui empêchent les pigments de se fixer durablement.

Tout fil (naturel donc !) destiné à la teinture végétale doit être lavé auparavant (et bien rincé si vous le lavez à la main). Le fil NATURE MERINO supporte un lavage machine à 20° cycle laine. 

2 livres pour se mettre à la teinture végétale

Se plonger dans le bain de la teinture nécessite de suivre les indications d’expertes comme :

Hege Dagestad et Kari Hestnes dans le livre « Teindre la laine avec des plantes » .

« Dans cet ouvrage, vous trouverez tout ce qu’il faut savoir pour teindre fils et textiles avec des champignons et des végétaux qui poussent à l’état sauvage un peu partout et sont faciles à trouver. Et pas besoin d’aller loin – beaucoup de plantes aux bords des chemins ou juste devant votre porte conviennent pour la teinture. »

 Céline Philippe dans Teinture sauvage, de la plante à la couleur.

« Dans une démarche singulière qui associe amour des plantes et goût des matières naturelles, poésie et artisanat, Céline Philippe nous initie à la teinture végétale, et nous mène sur le chemin de la couleur. En explorant la technique d’un mordançage 100% végétal – sans sel d’alun ni produits de synthèse -, vous apprendrez à faire vos couleurs uniquement à partir de plantes, expérience d’une philosophie de vie tournée vers l’écoute de la nature et du vivant. Des grands principes de la teinture végétale jusqu’à leur mise en pratique avec des idées de recettes, Céline Philippe offre au lecteur tous ses conseils et inspirations pour créer et découvrir l’art de révéler la couleur des plantes. »

Teindre la laine : mode d’emploi

Mettez les plantes récoltées dans la marmite, ajoutez l’eau et faîtes chauffer pendant 1 heure ou plus. Versez l’eau dans une passoire et gardez le bain de teinture, que vous laisserez tiédir. Plongez-y les fils (déjà mordancés) et humides. Chauffez ce bain entre 80 et 90 degrés et mélangez doucement et régulièrement pendant environ 1 heure.

Laissez les fils refroidir dans le bain ou sortez-les tout de suite et secouez jusqu’à ce que la température baisse.

Marquez les fils à l’aide d’un ruban de masquage et un stylo bille (matière, mordant, date)

Lavez et rincez bien. Un peu de vinaigre dans la dernière eau de rinçage fixera bien la couleur.

Suspendez les écheveaux sur un bâton pour les sécher.

Bon à savoir : C’est le « mordançage » qui permet à la couleur de tenir dans le temps. L’alun est le mordant le plus couramment utilisé, soit pur soit conjointement avec de la crème de tartre. Mais il n’existe pas une seule recette de mordançage, qu’il faut savoir adapter aux plantes utilisées et à la couleur souhaitée. La recette traditionnelle consiste à compter 20% du poids des fils en alun (jamais plus !).

La plupart des colorants végétaux résistent bien au lavage et aux frottements.

Si vous souhaitez vous lancer dans la teinture végétale, vous découvrirez bientôt toutes les joies qui lui sont intimement liées. Parmi elles, la reconnexion à la nature et à une temporalité plus douce et respectueuse. Et quel émerveillement devant chaque teinture, qui n’est jamais la même que celle de la veille et si différente de celle de demain, rendant chaque pièce unique !

Un immense merci à Céline Philippe, @teinture sauvage, de nous avoir accordé le droit de publier ses sublimes photos.

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